Alexander Calder (1898-1976)

[04/12/2003]

 

Christie’s vient d’enregistrer en nouveau record pour une sculpture de l’artiste. Mais les hausses de prix concernent d’abord ses œuvres sur papier.

Alexander Calder est né en 1898 dans une famille d’artistes. Malgré cet environnement, il commence par embrasser une carrière d’ingénieur qui l’aidera par la suite. Ce n’est qu’à l’âge de 25 ans qu’il se décide enfin à intégrer l’Art Students’ League de New-York. Il commence sa carrière comme dessinateur humoriste. Un reportage le plonge dans l’univers du cirque. Sa passion est telle qu’il crée son propre cirque miniature avec personnages et animaux articulés. Aujourd’hui, cette installation est exposée au Whitney Museum de New York. En 1928, sa première exposition personnelle à la Weyhe Gallery met en scène des personnages caricaturés. Il compte rapidement dans son entourage Joan Miro, Fernand Léger et Marcel Duchamp. En 1930, sa rencontre avec Piet Mondrian sera des plus décisives. Il entreprend des œuvres dans la plus totale abstraction et crée en 1931 ses premières sculptures cinétiques motorisées. Marcel Duchamp les dénomme « mobiles ». Puis, quand le vent devient la force motrice, pour Jean Harp se sont des « stabiles ». Au milieu des années 1930 débute la création de ses premières œuvres monumentales destinées à être exposées en extérieur. Les commandes se multiplient. Durant la seconde guerre mondiale, il se met à sculpter le bois et crée la série « constellations ». Le MoMA organise une rétrospective de sa production dès 1943. Dans les années 1950-60, il s’implique intensivement dans la réalisation de lithographies, tapis, gravures, peintures et nombreuses gouaches. Les dernières années seront plus consacrées à la production d’œuvres de très grande taille commissionnées.

Que trouve-t-on aux enchères ?

Alexander Calder est l’un des sculpteurs les plus prolifiques. Plus de 17 000 œuvres sont référencées dans son catalogue raisonné. Mais au-delà des volumes, le marché offre de très nombreux dessins et estampes. Ses sculptures ne représentent que 17% du volume de transactions. Ses dessins préparatoires ont été très nombreux. Une cinquantaine de dessins/aquarelles sont échangés chaque année aux enchères. Il faut désormais compter 10 000 – 15 000 euros pour une belle feuille. Si certaines sont abstraites, d’autres font référence aux personnages de cirque. Les plus chères, les grandes aquarelles d’un mètre, atteignent facilement 20 000 – 30 000 euros. Quant aux estampes, près d’une centaine d’épreuves sont vendues par an. La plupart ont fait l’objet de très grand tirage, de sorte que plus de la moitié de ses lithographies sont échangées moins de 500 euros. En revanche ses mobiles sont bien plus chers. Comptez plus de 100 000 dollars pour un mobile de petite taille. Et même si ce ne sont pas des mobiles, les œuvres de plus grande dimension peuvent dépasser le million, à l’image du record décroché par une sculpture rouge monumentale de près de 5 mètres de haut réalisée en 1968 : 5,2 millions de dollars chez Christie’s le 11 novembre 2003.

Les places de marché

Le marché d’Alexander CALDER est totalement international. Si la moitié de ses œuvres sont échangées aux Etats-Unis, les maisons de ventes françaises proposent de très nombreuses gouaches et lithographies, souvent éditées par la Fondation Maegth avec qui l’artiste a collaboré pendant plus de 25 ans. Ajoutons aussi qu’il avait un pied-à-terre en France dans lequel il séjournait régulièrement dans les années 1960. L’amateur trouvera aussi de très nombreuses œuvres sur papier en Allemagne et en Suisse. Occasionnellement, il pourra se rendre à Londres pour enchérir sur des sculptures.

Acheter / vendre

En 1999, à la suite de l’importante rétrospective dont il a fait l’objet en 1998, la cote de l’artiste explose : +79% en un an. Depuis, les prix se maintiennent grâce à la raréfaction de l’offre et une demande toujours soutenue (seuls 14% des lots n’ont pas trouvé preneurs en 2002). Récemment, les prix de ses sculptures tendent à fléchir. Au-delà des pièces exceptionnelles, globalement, les prix de ses mobiles sont aujourd’hui au même niveau qu’en 1997. Par contre, les prix de ses gouaches et estampes jouissent d’une belle progression depuis janvier 2003. Au-delà des médiums classiques, les tapisseries sont particulièrement appréciées en ce moment. La majorité de celles qui sont échangées dépassent les plus optimistes estimations. A titre d’exemple, Serpent Presse, une tapisserie d’Aubusson de 2,69 mètres sur 1,8 mètre a été adjugée 11 000 dollars le 24 septembre 2003 chez Christie’s pour une estimation de 3 000 – 5 000 dollars.

  Alexander CALDERArtprice Index toutes catégories, base 100 en janvier 1997   Alexander CALDERNombre de lots vendus aux enchères   Alexander CALDERParts de marché Répartition par pays du chiffre d’affaires réalisé entre 1999 et 2002 © Artprice