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Ai Weiwei – l’indépendant

[07/07/2015]

 

Formé à l’académie de cinéma de Pékin, AI Weiwei a toujours considéré que la manière la plus excitante de faire de l’art est de critiquer les problèmes concrets. Cet artiste profondément militant et contestataire, doublé d’un activiste politique, est un véritable pionnier sur la scène artistique. A 21 ans, il fait partie du groupe d’artistes Les Etoiles, une d’avant-garde opposée au réalisme socialiste chinois, prônant l’individualisation et l’expérimentation artistique. Il s’installe en 1981 à New York, fréquente la Parsons School of Design, s’intéresse au ready made de Marcel Duchamp, et surtout au principe de l’art comme faisant partie intégrante de la vie. Depuis New York, il réagit aux événements de la place Tian’anmen de 1989, par une grève de la faim de huit jours. Il retourne à Pékin en 1993, pour rejoindre son père souffrant. Son profond désaccord avec le régime chinois ne fait alors que s’amplifier et son art devient plus subversif. Il entreprend, en 1995, la fameuse la série de photographies, Study of perspective (1995-2003), lançant un doigt d’honneur à tous les grands symboles de pouvoir dont la tour Eiffel, l’Opéra de Sidney, la Maison-Blanche, la Joconde de Léonard de Vinci et la place Tian’anmen. Ai Weiwei conteste avec irrévérence par tous les moyens possibles : photos, installations, performances faisant participer ses compatriotes, tweet, réseaux sociaux, et par son blog, l’un des plus visités de Chine.

Dépassé par la portée de ses œuvres et de ses actes, le gouvernement chinois le fait surveiller de près. Il fini par être arrêté par la police chinoise le 3 avril 2011, ses studio et résidence sont perquisitionnés et ses ordinateurs sont confisqués. Une grande manifestation de soutien est organisée pour lui à Hong-Kong le 17 avril. Le 7 mai, il est élu membre de l’Académie des arts de Berlin. Il est libéré sous caution le 22 juin, après avoir passé 81 jours en prison, surveillé 24 heures sur 24. En décembre, ‘Time Magazine’ l’élit ‘homme de l’année 2011’.

Avec et sans l’artiste

Deux grandes expositions ont été inauguré sans l’artiste ces derniers mois, Evidence au musée Martin Gropius de Berlin (avril-juillet 2014) et la rétrospective du centre d’art Virreina de Barcelone (novembre 2014-février 2015). Impossible pour Ai Weiwei de se rendre sur place, puisqu’il est privé de passeport depuis 2011… A Barcelone, on exposa notamment sa table de travail, pour mieux souligner l’absence (On the Table).Si sa liberté de déplacement ne lui a toujours pas été rendue, le gouvernement chinois fait preuve d’un certain assouplissement à son égard. Après une interdiction d’exposer en Chine, la bête noire du régime fut autorisée à inaugurer son exposition en mai dernier, dans le fameux quartier 798 de Pékin.
En marge du monde artistique chinois, il l’est aussi du marché aux enchères sur place : seules 18 de ses œuvres ont été proposées en salles en 10 ans. Par contre, on s’arrache ses installations à Londres (54 % de son marché) et à New York.

L’année 2015 est marquée par deux nouveaux records pour le même sujet : Circle of Animals/Zodiac Heads, vendue plus de 4,3 m$ en version dorée (ed. 7/8) le 12 février et 5,4 m$ (ed. 1/6) le 29 juin (chez Phillips Londres). Cette installation forte réactive notamment la mémoire historique et d’anciennes relations trouble entre la Chine et l’Europe. Ai Weiwei y décline les 12 signes du zodiaque chinois (rat, boeuf, tigre, lapin, dragon, serpent, cheval, mouton, singe, coq, chien et porc) inspirés par ceux de la fontaine d’horloge zodiacale conçue au XVIIIe siècle pour le Palais D’été de Pékin, sous l’Empereur Qianlong de la dynastie Qing. Ce Palais D’été fut saccagé par les troupes françaises et britanniques en 1860, pendant la Deuxième Guerre de l’opium et les têtes d’animaux en bronze furent en partie pillées (la tête de rat et la tête de lapin ont d’ailleurs fait partie de la collection Pierre Bergé, puis de la collection Pinault avec d’être restituées à la Chine en 2013). Pour réaliser son œuvre, l’artiste a travaillé d’après sept originaux restants, imaginant les cinq têtes manquantes. L’installation fut dévoilée à la Fontaine Pulitzer sur la Grande Place de l’armée à New York, en mai 2011 et a été exposée depuis à travers les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie.


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