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A.R. Penck : Rites de passage

[16/05/2017]

Le grand artiste Allemand A.R. PENCK (1939-2017) nous a quitté le 2 mai à Zurich au moment où une exposition de la Fondation Maeght le met tout à l’honneur sous le titre « Rites de passage » à travers une centaine de peintures, de sculptures, de dessins, d’estampes et de livres d’artistes créés depuis 1957 (depuis le 18 mars et jusqu’au 18 juin 2017).

L’invention d’un langage

Considéré comme l’un des plus grands peintres allemands de la fin du XXe siècle avec Markus LÜPERTZ, Sigmar POLKE, Georg BASELITZ et Jörg IMMENDORFF dont il fut proche, Ralf Winckler, plus connu sous le nom d’A.R. Penck, fut d’abord refusé dans plusieurs écoles d’art d’Allemagne de l’Est. Il chercha de son côté les signes d’un langage primordial et universel, explorant tout à la fois les créations les plus archaïques, les modèles du langage informatique ou la cybernétique (science de la régulation de systèmes complexes). Entre ordre et chaos, l’oeuvre de Penck va traverser l’histoire et le temps, les styles et les époques, inventant ce que certains ont qualifié de « nouvel expressionnisme allemand ». Car il y a effectivement, dans l’art de Penck, du primitivisme et une spontanéité proche du graffiti ou de l’art brut. Il y a aussi des signes automatiques, des pictogrammes, des alphabets, des masques, de puissantes lignes de force, des personnages réduits à des «bonhommes» en bâtons, le tout contenu dans des compositions tant abstraites que figuratives, dans de nouveaux espaces spatiaux et temporels qui créent un nouveau langage. Lorsque Penck déconstruit, c’est pour construire quelque chose de neuf, comme si l’invention d’un nouveau monde était toujours possible.

Dans les années 80, Penck est connu dans toute l’Europe en tant que créateur d’une nouvelle figuration. Il livre des pistes de lecture de son œuvre, en confiant : « celui qui voit mes dessins constatera très facilement qu’il existe, en gros, cinq types d’images différents. Mais on peut aussi arriver facilement à beaucoup plus, selon la manière dont on les différencie. Le premier type, c’est l’image abstraite, qui ressemble à un signe; le deuxième, c’est le dessin figuratif; le troisième, le dessin purement automatique; le quatrième est une sorte d’illusion; le cinquième, l’image destructive. Ce qui m’importait, c’était de montrer que des signes peuvent se cacher derrière d’autres signes, et que ma façon de penser permet de passer au travers.» Il devient à cette époque une grande figure du Néo-expressionnisme tout en obtenant une véritable reconnaissance pour ses réflexions théoriques, décrochant un poste de professeur à l’école des Beaux-Arts de Düsseldorf en 1988.

Notoriété et marché

Avec l’arrivée des années 2000, sa notoriété dépasse les frontières européennes et gagne le cœur des collectionneurs américains, notamment avec les expositions organisées par la galerie Michael Werner à New York. C’est à ce moment que son marché trouve un nouvel élan, avec un indice de prix en hausse de +176% entre 2003 et 2008 et un record d’enchère à plus de 514 000$ emporté pour une grande toile, Standart, de 1973 (vente Christie’s Londres, le 16 octobre 2007). Sur les 10 dernières années, ses œuvres se sont vendues dans 17 pays à travers le monde : du Japon à la République Tchèque, en passant par la Corée, le Canada et les Pays-Bas (10% du produit de ventes aux Pays-Bas). La France, les Etats-Unis et la Suisse se partagent un peu moins de 15% de son chiffres d’affaires tandis que sa patrie, l’Allemagne (32%), est devancée par le marché anglais qui concentre une demande plus internationale (35% du produit de ventes sur les 10 dernières années). Cette demande reste néanmoins mesurée et vertueuse, évitant tout élan spéculatif. Sur les 10 dernières années, seules 26 de ses œuvres ont passé le seuil des 100 000 $ en salles de ventes contre 330 œuvres vendues entre 5 000 et 50 000 $. Par ailleurs, l’oeuvre de Penck est souvent abordable pour moins de 1 000 dollars à travers une production d’estampes (plus de 60% des lots vendus) qui a largement contribué à la diffusion de son œuvre. Dans cette même gamme de prix, certaines sculptures en éditions limitées sont aussi accessibles, car Penck fut sculpteur autant qu’il fut peintre et poète. L’expression en trois dimensions fut même son premier vœu, dès les années 40.


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