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Top annuel des artistes japonais

[23/12/2016]

Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications par thème. Observons cette semaine quelles furent les œuvres d’artistes japonais – dont les cotes explosent – les plus chères, au cours de l’année 2016.

Rang Artiste Adjudication œuvre Vente
1 Tsuguharu FOUJITA (1886-1968) 5 082 600$ Nu Au Chat 2016-04-03 Sotheby’s Hong Kong
2 Yoshitomo NARA (1959) 3 103 911$ « The Little Ambassador » 2016-10-02 Sotheby’s Hong Kong
3 Kazuo SHIRAGA (1924-2008) 2 684 192$ « Chikisei Sesuisho » (Shan Tinggui – The 108 Liangshan heroes in the Water Margin) 2016-05-30 Christie’s Hong Kong
4 Yayoi KUSAMA (1929) 2 539 936$ Cloud Considering 2016-05-28 Christie’s Hong Kong
5 Kazuo SHIRAGA (1924-2008) 2 387 746$ « Uchoten » 2016-06-07 Sotheby’s Paris
6 Yoshitomo NARA (1959) 2 292 500$ « Wish World Peace » 2016-11-17 Sotheby’s New York NY
7 Kazuo SHIRAGA (1924-2008) 2 259 391$ « Koujouka » 2016-02-10 Sotheby’s London
8 Yayoi KUSAMA (1929) 2 253 171$ « Infinity-Nets (Howaz) » 2016-10-02 Sotheby’s Hong Kong
9 Kazuo SHIRAGA (1924-2008) 2 228 979$ Untitled (Red Fan) 2016-02-11 Bonhams London
10 Yoshitomo NARA (1959) 2 173 253$ « Eastern Youth » 2016-11-26 Christie’s Hong Kong
copyright © 2016 artprice.com

Hong Kong est la place de marché la plus efficace pour céder les meilleures signatures japonaises aux meilleurs prix. Le classement annuel révèle en effet que six des 10 meilleures enchères de l’année sont le fait des deux majors du marché, Sotheby’s et Christie’s, à Hong Kong, carrefour de tous les grands collectionneurs asiatiques et, dans une moindre mesure, occidentaux. Ce classement annuel réserve une première place à Foujita, qui devance largement ses compatriotes Kazuo Shiraga, Noshitomo Nara et surtout Yayoi Kusama (qui passait le seuil des 5 m$ à deux reprises l’année dernière, en 2015). C’est la grande révélation du marché des artistes japonais cette année.

Tsuguharu Foujita fait mieux que Yayoi Kusama cette année

Au carrefour des influences, l’art de Foujita (1886-1968) est imprégné de l’histoire de l’art Japonais et occidental, de la Renaissance italienne et de l’avant-garde parisienne de son époque. Arrivé à Paris en 1913, rapidement exposé par le marchand de Modigliani et de Soutine à la galerie Chéron (1917), l’art de Foujita est imprégné par les découvertes plastiques de ses amis, notamment de Modigliani. Cependant, il n’oublie jamais la calligraphie traditionnelle, dont on retrouve les symptômes dans la la finesse de son trait, l’usage du vide et les aplats convoquant l’estampe japonaise. L’art de Foujita s’est construit dans l’hybridation, pour s’imposer entre tradition et modernité, Orient et Occident. De fait, son aura a traversé le monde et ses œuvres sont autant réclamées en Asie qu’en Occident. Il y a un quart de siècle déjà, en 1990, Tsuguharu Foujita s’imposait comme l’artiste japonais le plus coté du monde, avec un résultat millionnaire décroché chez Sotheby’s à New York pour Enfant égarée (1,14m$). Après quelques années d’oubli relatif (sa dernière épouse, Kimiyo, ayant interdit toute reproduction et même toute exposition de l’oeuvre de son défunt mari), le marché s’est ressaisi, vitalisé par l’anniversaire des 130 ans de sa naissance fêté en France et au Japon. Au cours de l’année 2016, un record absolu est advenu à plus de 5m$, pour un magnifique Nu au chat (Sotheby’s Hong Kong le 3 avril 2016) acheté par le Long Museum de Shanghai (musée privé fondé par Liu Yiqian, président du groupe Sunline, et Wang Wei). Cette œuvre subtile et majestueuse (plus d’un mètre soixante) avait déjà fait sensation en salle de ventes en 2014, en se vendant pour 1,9 m$. Avec un prix largement multiplié par deux en deux ans, le marché de Foujita prend un nouvel élan et 2016 s’impose comme une année historique, la meilleure jamais enregistrée en terme de chiffre d’affaires pour l’artiste aux enchères, avec plus de 16,5 m$ de résultat, contre 5m$ l’année dernière.

Outre les forts résultats hongkongais, la France demeure l’épicentre du marché de l’artiste (31% de son chiffre d’affaires réalisé en France sur les 10 dernières années) et des œuvres importantes pourront être visitées dans un futur proche à Reims. La ville a en effet reçu en donation 663 œuvres, dont les meilleures seront exposées au sein du nouveau musée des Beaux-Arts qui doit ouvrir en 2018.

En prenant la tête de ce classement annuel, Foujita envoie un signal fort sur sa revalorisation en cours. Il devance en effet, cette année, des signatures leaders du marché de l’art mondial. Rappelons en effet que Kusama est l’une des artistes les plus cotées du monde, avec un record établi à 7,1 m$ , le 12 novembre 2014, pour sa toile White No. 28 (Christie’s New York), et qu’elle passait à nouveau les 7m$ l’an dernier pour No. Red B (Sotheby’s Hong Kong, le 4 octobre 2015). Le meilleur résultat annuel de la princesse aux petits pois Yayoi Kusama (née en 1929) se hisse à 2,5 m$ pour Cloud Considering (1991-1992) vendue chez Christie’s à Hong Kong en mai 2016. Cette grande toile (162 cm x 130 cm) du début des années 90′ intègre le Top 10 personnel de l’artiste aux enchères. En 2008, lors d’une vente aux enchères organisées par la société The Market à Tokyo, cette même toile partait autour de 85 000$… la valeur de cette oeuvre s’est donc vue augmentée de plus de 2,4m$ en moins de 10 ans ! C’est « l’effet Kusama », dont les prix sont véritablement explosifs, avec un indice en hausse de plus de 720% depuis l’année 2000 !

Kazuo Shiraga et Noshitomo Nara dominent avec sept résultats

Shiraga Kazuo (1924-2008), l’un des fondateurs du groupe Gutaï, mouvement radical de la seconde moitié du XXème siècle, voit ses prix flamber depuis 2013, année de la grande rétrospective Gutai: Splendid Playground organisée au Musée Guggenheim de New York (15 février-8 mai 2013). Depuis, ses grandes toiles gestuelles s’arrachent plusieurs millions de dollars à Paris, New York, Hong Kong, ou Munich. En 2016, 11 de ses œuvres ont encore passé le million de dollars aux enchères, en Asie, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni mais aussi en France, place de marché aussi importante que Hong Kong pour la dispersion de ses œuvres, avec un chiffre d’affaires équivalent entre Paris et Hong Kong (sur les 10 dernières années).

Le plus jeune artiste du classement, Noshitomo Nara (né en 1959) confirme son envolée avec quatre nouveaux résultats millionnaires venus nourrir son Top 10 personnel cette année. Rappelons qu’au terme de l’année 2015, Nara bénéficiait d’une ascension spectaculaire, se hissant à la 76ème position des artistes les plus performants aux enchères, juste derrière l’américain Richard Prince. Quatre nouveaux records d’enchères marquaient l’année 2015 par rapport à l’exercice précédent. Son sommet absolu culmine toujours à 3,4 m$, avec la toile The Little Star Dweller (2006), vendue chez Christie’s New York le 9 novembre 2015. Le cru 2015 fut le meilleur de sa carrière, porté par un chiffre d’affaires de 29 m$ (soit deux fois le résultat de l’exercice précédent), une grande exposition à la Pace Gallery de Hong Kong (Stars, 13 mars-25 avril 2015), et une autre à la galerie Blum & Poe de Tokyo (Shallow Puddles, 2 octobre-14 novembre 2015). L’explosion de son indice de prix est comparable à celui de Kusama, fort d’une progression de +715% depuis 2003.

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